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Les 10 journées de la Libération de l'Isère

Débarqués le 15 août en Provence, les Alliés, ont progressé beaucoup plus vite qu'ils ne l'avaient prévu, certainement parce que le commandement de l'armée allemande ordonne aussitôt la retraite, mais aussi parce que l'action de harcèlement des forces de la Résistance a porté ses fruits.

 

 

 

 

 

 

 

 

Dimanche 20 août, la première jeep américaine venant du col de Lus-la-Croix-Haute est aperçue dans le Trièves.

 

 

 

 

 

 

Lundi 21 août, à Pont-de-Claix, la section commandée par l'aspirant Raymond Muelle, reçoit l'ordre du commandement américain de prendre les ponts sur le Drac. Parachutés dans la Drôme quelque temps auparavant, les hommes de la section Muelle s'affrontent à l’opposition farouche d'une compagnie allemande. Mais dans l'après-midi, les Allemands refluent vers Grenoble et la voie est libre pour les forces américaines qui arrivent. Le 21 août au soir, la compagnie commandée par le lieutenant-colonel Théodore Andrews arrive à Vif. Pendant ce temps, à Grenoble, le général Pflaum, ordonne à ses troupes d'évacuer la ville. Peu avant minuit, il n'y a plus un seul soldat allemand à Grenoble.

 

 

Mardi 22 août, au matin, Georges Bois-Sapin, commandant les sections de réserve du secteur I de l'AS (Armée secrète), se rend à Saint-Martin-d'Hères, pour rendre compte de la situation aux membres du CDLN (Comité départemental de la Libération nationale). Plus tôt, dans la matinée, la section Muelle a pris place à l'Hôtel de Ville et la première unité du maquis, le groupe franc d'Uriage, pénètre dans Grenoble.

 

 

Déjà désignés par le CDLN de l'Isère, Frédéric Lafleur prend ses fonctions de maire provisoire de Grenoble, vers dix-sept heures et Albert Reynier, préfet de la Libération, entre en fonction à la préfecture. À Voreppe, en début d'après-midi, un convoi allemand de sept camions venant de Rives et ignorant peut-être l'arrivée des Américains est arrêté au hameau de la Poste. Aussitôt, les Allemands incendient une maison et cinq bâtiments agricoles aux alentours puis, prenant conscience de la proximité des Américains, rebroussent chemin.

 

À Vizille, une garnison allemande, remontant depuis Gap, s'est retranchée dans le parc du château. Les hommes d'André Lespiau Lanvin (chef du secteur I, maquis de l'Oisans) les attaquent. Les Américains tirent sur l'horloge du château. Les soldats allemands, chez qui la panique gagne, doivent se rendre à 18h, face à l'action conjointe du maquis et l'artillerie américaine.

 

 

 

 

 

 

 

 

Mercredi 23 août, à Bourgoin, la Résistance décide d'attaquer les forces allemandes qui demeurent en station. Les résistants viennent vite à bout de leur premier objectif, la clinique, où une vingtaine d'Allemands sont faits prisonniers. Devant la détermination et le nombre des forces de la Résistance, les quarante feldgendarmes retranchés dans l'hôtel Chenavas se rendent aussi. Mais les deux cents Allemands regroupés dans les silos décident de défendre leur position. Ils ne se rendent qu'après quatre heures de combats et de pourparlers, à 22h30.

 

 

Jeudi 24 août, les Allemands revenus à Domène dans la nuit, tirent des obus, et capturent douze Américains. S'engage alors un duel d'artillerie entre une dizaine de canons allemands et les canons américains disposés à Grenoble, Montbonnot et Échirolles. Mais efficacement épaulées par des hommes de la Compagnie Bernard, du 9e bataillon FTPF et du groupe de l'AS du Murier, les forces alliées viennent à bout des Allemands qui se rendent en début de soirée.

 

Samedi 26 août et dimanche 27 août, un détachement allemand, équipé d’armes lourdes et de pièces d’artillerie, cantonne au Péage-de-Roussillon. Aussitôt informé, Raymond Baroo, chef du groupe Kléber, entame des pourparlers avec le commandant allemand, en vue d’une reddition. Le lendemain matin, l’officier allemand se ravise et, rejoint par d’autres unités remontant du midi, prend la direction de Vienne. Sa colonne est attaquée à la hauteur du Hameau des Pins, à quelques kilomètres au nord de cette ville, par les hommes de Fernand Perret. Ce dernier anime la Résistance à Chaponnay, près de Saint-Symphorien-d’Ozon.

 

Lundi 28 août, une patrouille de blindés américains arrive à Beaurepaire et les habitants, croyant la Libération tant attendue, arrivée, commencent à pavoiser. Leur joie n'est pourtant que de courte durée, car ce détachement américain, envoyé en simple reconnaissance, quitte bientôt la ville. Un peu plus au nord, à Saint-Bonnet-de-Mure, le groupe franc des Chambaran commandé par Roger Perdriaux, ainsi que le bataillon Remy et un groupe des maquis d'Ambléon sont en embuscade. Une colonne allemande s'avance vers eux, les FFI ouvrent le feu, mais les chars entrent en action et tirent sur les assaillants qui ne peuvent réagir avec des armes légères.

 

Mercredi 30 et jeudi 31 août, ces journées sont terribles pour la population de Beaurepaire, car les Allemands sont toujours présents. Continuant leur entreprise de destruction, les Allemands ont fait sauter les ponts du Dolure, de Lens-Lestang et le Pont Rouge à Saint-Barthélemy-de-Beaurepaire. Le 31, en fin d'après-midi, l'ennemi quitte enfin la ville, menacé par l'arrivée des troupes américaines qui l'atteignent au matin du 1er septembre et la libère.

 

Vendredi 1er septembre, les Allemands arrivent à Pont-de-Chéruy où ils ne rencontrent aucune opposition. Le bataillon de Chartreuse, qui y stationnait depuis le 27, a laissé deux sections, chargées de préserver le pont des Loyettes. L'ennemi se retranche dans la ville, derrière des barrages de mines, mais en fin de matinée, une compagnie américaine arrivant de Crémieu l'encercle et le contraint à se rendre.

Le même jour, envoyé en reconnaissance, à la tête d'une patrouille, par le commandant Bousquet, le Viennois René François est le premier à pénétrer au cœur de la ville. Arrivent ensuite des Américains, dans une première jeep, entourée par des passants surpris. Vienne est enfin libérée.

 

 

 

Samedi 2 septembre au matin, la population de Décines (qui est alors iséroise) découvre qu'il n'y a plus d'Allemands postés, ni devant le pont ni à proximité du café Merlin. Soudain dans l'après-midi, la nouvelle fuse : «les Américains ne sont pas loin! Ils arrivent !» La 36e division arrive par les routes de Pusignan et de Jonage.

                                             

En ce début du mois de septembre, le département de l'Isère est libre et définitivement débarrassé de toute présence allemande. Mais d'autres combats attendent les FFI, intégrés dans l'armée nouvelle, en poursuivant les Allemands dans les Vosges et en Alsace, dans les Alpes, la Tarentaise, la Maurienne, l'Authion… De nombreuses familles attendront encore plusieurs mois le retour de leurs proches, internés ou déportés en Allemagne. Beaucoup n'en reviendront jamais.

 

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