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Les expositions

Justes de l'Isère - Le sauvetage des Juifs, 1940-1944

Exposition présentée du 23 novembre 2012 au 20 mai 2013

Plus d'une centaine d'Isérois ont été faits « Justes parmi les nations » par le Mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem. Cette distinction honore, au nom de l'État d'Israël, ceux qui ont mis en danger leur existence durant la Seconde Guerre mondiale afin de sauver des Juifs. À l'heure où les derniers de ces Justes sont encore en vie, le musée leur consacre une exposition pour rappeler leur engagement pendant les années sombres et plus largement rendre hommage à celles et ceux qui, souvent restés anonymes, ont tenté d'empêcher les persécutions. Combien de vies ne furent-elles pas épargnées grâce à l'engagement de milliers d'hommes et de femmes en France et dans l'Europe des bourreaux ? À écouter leurs témoignages, que pouvait-il y avoir de plus naturel ? Se défendant de tout acte héroïque, ils expriment au contraire une « banalité du bien » basée sur des valeurs humaines intrinsèques à chaque individu. Et pourtant ? C'est bien une leçon d'humanité qu'ils nous enseignent et dont il faut prendre toute la mesure à une époque où jamais l'antisémitisme n'avait été aussi exacerbé.

 

 

 

En partenariat avec le Comité français pour Yad Vashem

Avec le concours du Conseil représentatif des institutions juives de France, du B'nai B'rith, du Centre culturel Juif, du Cercle Bernard Lazare, de l'association Mémoires de Fontaine, du service départemental des Anciens Combattants et Victimes de Guerre de l'Isère et de nombreux enseignants-chercheurs.

 

L'expo

Du refuge au piège

Dès l’avènement du nazisme, des dizaines de milliers de Juifs quittent l’Allemagne. Ces départs s’intensifient au lendemain de la « Nuit de Cristal » (1938) et à mesure que la politique antisémite du Reich se radicalise à la veille de la guerre. Voulant alors accélérer l’émigration des Juifs avant que la décision de leur extermination ne soit finalement prise, les nazis procèdent à la confiscation progressive de leurs biens. Dans la Pologne voisine, où vit avant-guerre la plus importante communauté juive d’Europe, les départs que provoque la montée de l’antisémitisme sont plus nombreux encore. Le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, mais aussi la Palestine - alors sous mandat britannique - constituent parmi les principales destinations des migrants. Croyant avoir échappé à la persécution nazie, la population juive réfugiée en France est à nouveau menacée au lendemain de la défaite de juin 1940. La France est alors partagée en deux zones, l’une occupée par les Allemands au nord et à l’ouest et l’autre contrôlée par le régime de Vichy au sud.

Le régime de Vichy et sa législation antisémite

 Moins de trois mois se sont écoulés depuis la mise en place du nouveau régime avant que celui-ci affirme sa politique antisémite. Dès le 3 octobre, le « statut des Juifs » donne une définition du « Juif » et énumère la liste des emplois publics, mandats et professions qui leur sont interdits. Le 4, une loi autorise l’internement immédiat des Juifs étrangers en France. Ces textes constituent la première étape d’une législation qui vise à l’exclusion méthodique des Juifs de la société et qui se poursuit les années suivantes à travers notamment : la loi du 29 mars 1941 qui crée le Commissariat général aux questions juives, le CGQJ ; le second « statut des Juifs » du 2 juin 1941 qui s’accompagne le même jour d’une loi sur leur recensement ; la loi du 22 juillet 1941 qui entame le processus dit « d'aryanisation économique » ; celle du 11 décembre 1942 qui prévoit l’apposition de la mention « Juif » sur les titres d’identité. Jusque-là couvé, l’antisémitisme que partage une partie de la population française s’affiche désormais avec l’assentiment des autorités.

 

La persécution des Juifs en France et en Isère

 De mars 1942 à août 1944, l’action conjuguée des autorités nazies et du régime de Vichy aboutit à la déportation de 76 000 Juifs - dont 11 000 enfants - depuis la France vers les camps d’extermination. Seules 2 500 personnes en reviendront. Ces victimes viennent s’ajouter aux 3 000 Juifs morts dans les camps français d'internement et au millier de Juifs exécutés ou fusillés comme otages dans l’Hexagone.

En Isère, une première rafle des Juifs étrangers est opérée par les autorités de Vichy le 26 août 1942. Pourchassée, la population juive bénéficie à partir de novembre 1942 d’une relative protection liée à l’occupation italienne du département. Déjà présentes dans la région de Vienne, les troupes allemandes finissent par contrôler toute l’Isère en septembre 1943. Cette occupation marque la phase la plus répressive à l’encontre de la population juive en raison notamment de l’action du Kommando Brunner en février et mars 1944. Jusqu’à la Libération de l’Isère, en août 1944, plus d’un millier de Juifs auront été déportés depuis ce département.

Le sauvetage

L’aide aux Juifs persécutés est d’abord le fait d’organisations juives préexistantes à la guerre, principalement l’OSE (Œuvre de secours aux enfants) et les EIF (Éclaireurs israélites de France) en Isère. Face à la menace de plus en plus prégnante de l’occupation allemande en zone nord, l’OSE réagit par l’évacuation des enfants vers des zones plus clémentes. Les Alpes deviennent une région de prédilection surtout avec la présence de l’armée italienne. Un maillage d’acteurs couvre peu à peu Grenoble et sa région afin d’aider les Juifs sur place et d’évacuer les enfants vers la Suisse, en relation bien souvent avec les Églises catholiques et protestantes. Si certains de ces « sauveteurs » sont liés à la Résistance, nombre d’entre eux agissent sans y être affiliée. Quelques agents de l’administration participent aussi au sauvetage. Certes, les risques sont sans commune mesure avec ceux encourus en Pologne occupée, où la législation nazie prévoit la mort pour tout individu venant en aide aux Juifs, mais cela n’enlève rien au courage ni à l’humanité de ceux qui accomplissent en France ces actes de solidarité.

Au sortir de la guerre

Si certes la fin de la guerre scelle la fin des persécutions nazies pour la population juive, cette période marque aussi la découverte de l’ampleur de la Shoah qui aura fait entre cinq et six millions de victimes. Dans l’espoir de retrouver en vie les membres de leur famille, les rescapés entament de longues démarches qui aboutissent bien souvent à la nouvelle de la disparition de leurs proches parents. Les organisations juives telles que l’OSE (Œuvre de secours aux enfants) prennent en charge nombre des orphelins de la Shoah afin de leur donner une éducation, une formation pratique et de leur offrir une émancipation. Au lendemain de la guerre, la plupart des familles juives réfugiées en Europe de l’Ouest font le choix de rester dans leur pays d’accueil ou migrent principalement vers les États-Unis et la Palestine, dans la perspective de la création d’un État juif, Israël, qui se concrétisera en 1948.

Des liens indéfectibles

Des liens nés durant les années sombres, il demeure une relation inaltérable entre « sauveteurs » et « sauvés » que le temps ne parvient pas à effacer. Le récit de ces actions de solidarité livre de précieux témoignages sur le niveau d’intégration des réfugiés juifs par ceux qui les ont accueillis et avec lesquels ils ont vécu des mois, voire des années. Ces familles d’accueil les ont considérés bien souvent comme de nouveaux membres à part entière. Cette relation fut sans doute plus forte encore pour les enfants cachés et ceux qui les acceptèrent sous leur toit.

Si une fois la guerre terminée, les contacts humains se sont éteints la plupart du temps en raison de l’éloignement géographique, d’autres ont perduré jusqu’à aujourd’hui. Il faudra attendre parfois des décennies avant que « sauveteurs » et « sauvés » ne se retrouvent. Généralement à l’instigation de ces derniers, désireux de revenir vers ceux qui les ont aidés et sur le lieu même de leur sauvetage.

« Justes parmi les Nations »

En 1953, l’assemblée d’Israël (la Knesset), en même temps qu’elle crée le Mémorial de Yad Vashem, à Jérusalem, consacré aux victimes de la Shoah, décide d’honorer « les Justes parmi les Nations qui ont mis leur vie en danger pour sauver des Juifs ». L’expression renvoie au Talmud : « généreux des nations du monde ». Si quelque 25 000 personnes de 41 pays ont été honorées à ce jour, des témoignages de reconnaissance ont également été accordés aux villages du Chambon-sur-Lignon, de Nieuwlande, aux Pays-Bas, ou encore au réseau polonais Żegota. Des dossiers d’attribution sont toujours instruits par Yad Vashem pourvu que les preuves apportées par les personnes sauvées soient dument étayées.

En France, la mémoire du sauvetage s’est institutionnalisée au cours des dernières décennies tandis que se poursuit le travail de reconnaissance par l’État français de sa responsabilité dans la « solution finale » : en 1997, le Mémorial national des Justes est inauguré à Thonon-les-Bains ; en 2000, une Journée nationale à la mémoire des victimes des crimes racistes et antisémites de l’État français et d’hommage aux « Justes de France » est instaurée ; en 2007, une plaque leur est dédiée dans la crypte du Panthéon, à Paris.

Le Juste : une figure intemporelle ?

Quel enseignement pouvons-nous tirer aujourd’hui de l’engagement des Justes ? Au-delà du récit historique, n’y a-t-il pas un message à retenir basé tout simplement sur la solidarité entre les individus et le respect de la dignité humaine ? Loin d’une vision passéiste, nombre de Justes encore en vie appellent à notre vigilance face à un retour des idéologies passées et nous invitent à réfléchir à toutes les formes de racisme qui conduisent au délitement des liens au sein de notre société.

Le film

Cette part d’humanité…

Film documentaire du Musée de la Résistance et de la Déportation de l’Isère, réalisé par Denis Ramos et Leslie Benzaquen (2012, 52 min).

Face à la répression dont la population juive a été victime durant la guerre dans notre pays, des actions de solidarité ont permis d’épargner de très nombreuses vies humaines. À la faveur de l’exposition Justes de l’Isère, le Musée de la Résistance a décidé la réalisation d’un film basé sur les témoignages des dernières personnes qui les ont accomplies dans ce département et que l’État d’Israël a depuis lors honoré, mais aussi de celles qui en ont bénéficié. Ils gagent que dans les pires heures de notre histoire, des parcelles d’humanité ont survécu à la barbarie. Pour la plupart inédits, ces récits sont accompagnés de nombreux documents d’archives.

Présentation en avant-première le jeudi 6 décembre 2012 à 18h30 dans le cadre des Jeudis du parlement, en présence des réalisateurs et des témoins.

En partenariat avec le Comité français pour Yad Vashem, avec le soutien financier de la DRAC et de la Région Rhône-Alpes

On en parle...

     

Reportages de France 3 Alpes réalisés par Jean-Christophe Pain et Valérie Chasteland, diffusés vendredi 23 novembre.

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